Les pauvres  -   Loïs Blanca Info

 

Dans le train qui va de Rome à Naples ou de Naples à Rome ou même parfois beaucoup plus loin, la vie est aussi animée, bruyante, grouillante, extravertie que dans les quartiers populaires des villes du sud de l’Italie. Les trains sont composés d’un mélange de vieux wagons à compartiments et de rames plus modernes faites d’un seul tenant qui semblent déjà aussi vétustes que les anciens trains.

La climatisation, quelles que soient les rames, anciennes ou récentes, ne fonctionne pas toujours, même en été, les toilettes souvent hors service sont à l’image des poubelles de Naples et les gens entassés dans ces conditions, ont les joues dégoulinantes et brillantes, d’une lueur poisseuse.

Le train arriva à l’heure dans la petite ville balnéaire de Formia. Il était bondé comme souvent mais par chance, la climatisation fonctionnait. Dans mon compartiment, étaient déjà assises cinq personnes. De chaque côté de la fenêtre, deux garçons, la trentaine, habillés comme tous les garçons d’aujourd’hui, jeans et tee-shirt publicitaire. Ils feuilletaient chacun une revue d’informatique, bien dans leur siècle et dans leurs baskets, insouciants et inconscients de leur entourage, celui de gauche était du genre beau latin, il avait les biceps saillants et une peau brune et satinée. L’autre, portait déjà sur lui les signes de prochaines rondeurs.

A côté du beau gosse, un homme, la soixantaine bienheureuse, occupait toute la surface possible du petit espace de son siège compte tenu de sa carrure, les jambes bien étalées et écartées du mâle satisfait, les mains jointes sur un ventre proéminent, le regard lourd et suffisant de celui à qui on ne la fait pas, les yeux mi-clos dans l’attente d’un voyage tranquille et obligatoire. A côté de lui, un ragazzino, les oreilles percées de 1000 trous d’où pendaient quelques anneaux bovins,

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Dans le train qui va de Rome à Naples ou de Naples à Rome ou même parfois beaucoup plus loin, la vie est aussi animée, bruyante, grouillante, extravertie que dans les quartiers populaires des villes du sud de l’Italie. Les trains sont composés d’un mélange de vieux wagons à compartiments et de rames plus modernes faites d’un seul tenant qui semblent déjà aussi vétustes que les anciens trains.

La climatisation, quelles que soient les rames, anciennes ou récentes, ne fonctionne pas toujours, même en été, les toilettes souvent hors service sont à l’image des poubelles de Naples et les gens entassés dans ces conditions, ont les joues dégoulinantes et brillantes, d’une lueur poisseuse.

Le train arriva à l’heure dans la petite ville balnéaire de Formia. Il était bondé comme souvent mais par chance, la climatisation fonctionnait. Dans mon compartiment, étaient déjà assises cinq personnes. De chaque côté de la fenêtre, deux garçons, la trentaine, habillés comme tous les garçons d’aujourd’hui, jeans et tee-shirt publicitaire. Ils feuilletaient chacun une revue d’informatique, bien dans leur siècle et dans leurs baskets, insouciants et inconscients de leur entourage, celui de gauche était du genre beau latin, il avait les biceps saillants et une peau brune et satinée. L’autre, portait déjà sur lui les signes de prochaines rondeurs.

A côté du beau gosse, un homme, la soixantaine bienheureuse, occupait toute la surface possible du petit espace de son siège compte tenu de sa carrure, les jambes bien étalées et écartées du mâle satisfait, les mains jointes sur un ventre proéminent, le regard lourd et suffisant de celui à qui on ne la fait pas, les yeux mi-clos dans l’attente d’un voyage tranquille et obligatoire. A côté de lui, un ragazzino, les oreilles percées de 1000 trous d’où pendaient quelques anneaux bovins,

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