Amitié entre communautés  -   Sylvie Weil Info

 

« Nous implorons notre maître de bien vouloir s’abstenir d’ajouter au nombre des aliments interdits car il nous serait impossible d’accepter sa décision, ou alors nous ne pourrons plus jamais manger de viande... »

Dans son cabinet, Salomon terminait une lettre à son ancien maître, Isaac Ha Levi. Ce dernier était très âgé, à présent, et Salomon desespérait de lui faire changer d’avis !
Le sujet de sa lettre n’était pas nouveau. Depuis des années, les maîtres des communautés allemandes exigeaient des juifs dépendant de leur juridiction, qu’ils soient plus stricts sur la viande qu’ils consommaient. Or, les communautés de Champagne, beaucoup moins importantes que celles de Rhénanie, étaient astreintes à des compromis que ne connaissaient pas les Allemands.

A Troyes, par exemple, il n’y avait pas de boucher juif. Si un boucher chrétien abattait un animal de façon qu’il soit kasher, puis se le voyait refuser par les juifs à cause d’un défaut dans les poumons, il ne pouvait pas le vendre ensuite à ses clients chrétiens. Les bouchers refusaient de courir ce risque...

Une petite fille passa la tête par l’embrasure de la porte :
— Ma grand-mère m’envoie demander à mon grand-père s’il désire manger quelque chose avant d’aller à la synagogue.
— Je voudrais une grosse tranche de pain, puisque la Pâque est enfin terminée, et un peu de fromage.
— Mon grand-père n’aime pas le pain azyme ?
Elvina, fille de Miriam et de Judah ben Nathan, était l’aînée des petits-enfants de Salomon. Agée de sept ans, elle savait lire l’hébreu aussi bien qu’un garçon du même âge.
— -
note : Pour acheter le livre dont ce texte est extrait vous pouvez télécharger le bon de commande en cliquant ici ou cliquer maintenant sur "commander".

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« Nous implorons notre maître de bien vouloir s’abstenir d’ajouter au nombre des aliments interdits car il nous serait impossible d’accepter sa décision, ou alors nous ne pourrons plus jamais manger de viande... »

Dans son cabinet, Salomon terminait une lettre à son ancien maître, Isaac Ha Levi. Ce dernier était très âgé, à présent, et Salomon desespérait de lui faire changer d’avis !
Le sujet de sa lettre n’était pas nouveau. Depuis des années, les maîtres des communautés allemandes exigeaient des juifs dépendant de leur juridiction, qu’ils soient plus stricts sur la viande qu’ils consommaient. Or, les communautés de Champagne, beaucoup moins importantes que celles de Rhénanie, étaient astreintes à des compromis que ne connaissaient pas les Allemands.

A Troyes, par exemple, il n’y avait pas de boucher juif. Si un boucher chrétien abattait un animal de façon qu’il soit kasher, puis se le voyait refuser par les juifs à cause d’un défaut dans les poumons, il ne pouvait pas le vendre ensuite à ses clients chrétiens. Les bouchers refusaient de courir ce risque...

Une petite fille passa la tête par l’embrasure de la porte :
— Ma grand-mère m’envoie demander à mon grand-père s’il désire manger quelque chose avant d’aller à la synagogue.
— Je voudrais une grosse tranche de pain, puisque la Pâque est enfin terminée, et un peu de fromage.
— Mon grand-père n’aime pas le pain azyme ?
Elvina, fille de Miriam et de Judah ben Nathan, était l’aînée des petits-enfants de Salomon. Agée de sept ans, elle savait lire l’hébreu aussi bien qu’un garçon du même âge.
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