Poupées  -   Martine Papiernik Info

 

Shirley était ravissante. Ses cheveux blonds se tordaient en grosses boucles qui auréolaient son visage d’enfant. Sa peau claire était presque translucide, et des veines bleutées transparaissaient sur ses tempes. Son visage rond, ses bras et ses mains potelées étaient encore ceux de la petite enfance, même si elle approchait bientôt de son quatrième anniversaire.

Elle ressemblait parfaitement à Shirley Temple, la petite star américaine des années trente, malgré ses immenses yeux bleus. Elle était d’ailleurs vêtue comme elle. Sa garde robe avait été copiée sur celle qu’elle portait dans les vieux films que l’on pouvait facilement voir sur internet maintenant. Des robes en coton brodées au plumetis, en percale imprimée, avec des manches ballon, ou à l’empiècement rebrodé de smocks, des robes longues de princesse qu’elle portait souvent le soir, et qui s’entassaient dans l’armoire derrière elle. Mais le vêtement qu’elle préférait était la salopette de toile qu’on lui faisait porter avec un chemisier à col « Claudine ». Peut-être parce qu’il lui rappelait son frère, dont le souvenir peu à peu s’estompait.
Elle avait disposé huit petites chaises le long du mur et y avait assises huit des poupées qu’elle avait choisies dans la caisse qui leur était destinée.

— Mesdemoiselles, dit-elle en s’asseyant devant le bureau qui avait été construit à sa taille. Nous allons d’abord vérifier que vous êtes bien propres. Montrez vos mains s’il vous plait. Je vous préviens, si vos mains sont sales, vous recevrez cinq coups de fouet.

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Shirley était ravissante. Ses cheveux blonds se tordaient en grosses boucles qui auréolaient son visage d’enfant. Sa peau claire était presque translucide, et des veines bleutées transparaissaient sur ses tempes. Son visage rond, ses bras et ses mains potelées étaient encore ceux de la petite enfance, même si elle approchait bientôt de son quatrième anniversaire.

Elle ressemblait parfaitement à Shirley Temple, la petite star américaine des années trente, malgré ses immenses yeux bleus. Elle était d’ailleurs vêtue comme elle. Sa garde robe avait été copiée sur celle qu’elle portait dans les vieux films que l’on pouvait facilement voir sur internet maintenant. Des robes en coton brodées au plumetis, en percale imprimée, avec des manches ballon, ou à l’empiècement rebrodé de smocks, des robes longues de princesse qu’elle portait souvent le soir, et qui s’entassaient dans l’armoire derrière elle. Mais le vêtement qu’elle préférait était la salopette de toile qu’on lui faisait porter avec un chemisier à col « Claudine ». Peut-être parce qu’il lui rappelait son frère, dont le souvenir peu à peu s’estompait.
Elle avait disposé huit petites chaises le long du mur et y avait assises huit des poupées qu’elle avait choisies dans la caisse qui leur était destinée.

— Mesdemoiselles, dit-elle en s’asseyant devant le bureau qui avait été construit à sa taille. Nous allons d’abord vérifier que vous êtes bien propres. Montrez vos mains s’il vous plait. Je vous préviens, si vos mains sont sales, vous recevrez cinq coups de fouet.

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